Cuba : "Como te quiero mi Cuba"

19h30

Démarrage :
27 septembre 2018
Durée :
1h-1h30
ID:
MON01
TARIFS :
Gratuit pour les adhérents / 3 € sinon

INTERVENANT :

Lieu

La Nouvelle Dimension   Voir sur la carte

Categories

Atelier cinema , Mondociné

Cuba : “Como te quiero mi Cuba”

Cuba… Ses langoustes et ses cigares de tailles démesurées, sa moiteur et sa sensualité, sa musique à tous les coins de rue… Ses barbus en treillis, ses myriades d’exilés. Cuba, île de tous les phantasmes, mais aussi – et même si on ne trouve plus grand choses chez nous en DVD -, Cuba, pays de cinéma ! On dit d’ailleurs du cinéma cubain qu’il a vécu deux fois : à la préhistoire (Battista) puis à l’âge d’homme (la Révolution de 1959)… On peut désormais lui rajouter au moins une vie. Une vie par décennie !

 

Lucia de Umberto Solas (1968)

Le cinéma cubain, cet oublié…

Né très tôt, le cinéma cubain muet composé essentiellement de drames ruraux (La virgen de la caridad, de Ramon Peon, 1930) a hélas majoritairement disparu. Avec le parlant (1937), la production favorisera les mélodrames agrémentés de séquences musicales typiquement cubaines (El farol en la ventana, 1958 de Juan Orol, avec la belle rumbera Mary Esquivel, Ole Cuba,1957) ,au sein de productions dominées par les capitaux étrangers (Mexique). Musique et danse ne quitteront plus le cinéma de l’île, quel qu’en soit le régime. De même et à cause de l’embargo américain, le décor de tous ces films ne changera pas non plus.

Après la révolution castriste de 1959, la société cubaine entame une profonde transformation et le cinéma devient alors un instrument pédagogique avec de nouvelles structures ( Cinémathèque, ICAIC, cinéma itinérant Cinemovil),  la production se répartissant sur trois fronts : Actualités et Documentaires, Fictions, Animation. Les thématiques sont fidèles à la nouvelle ligne idéologique : luttes sociales, anti-capitalistes ou tiers-mondistes, féminisme. Une nouvelle génération éclot, influencée par le néo-réalisme (Espinoza, Alea), le Free cinéma anglais, puis par la nouvelle vague française. Elle marquera le cinéma mondial par sa liberté de ton et sa recherche formelle : Mémoires du sous-développement en 1968, La première charge à la machette ou Lucia,1968…

L’école documentaire se forme autour de Santiago Alvarez, réalisateur de ciné-tracts proches de l’agit prop. « Sarita » Gomez exalte l’afro-cubanisme et les marges de la société cubaine. Par contre, les films courts, poétiques et mélancoliques de Nicolas Guillen Landrian seront intégralement censurés à partir de Desde la Havana ! Recordar (1969).

Puis les années 70 seront marquées par le durcissement idéologique (quinquennat gris) et un refuge dans les films en costumes qui interrogent les racines de l’esclavage (La dernière Cène). Alors que dans les années 80 et 90, l’austérité se met en place, la censure se renforce et les scénaristes se tournent vers des sujets sociaux et contemporains comme pour interroger les acquis de la Révolution par une dramaturgie du quotidien. C’est aussi l’époque des collaborations internationales à travers l’école et le festival de La Havane qui représentent un véritable pôle de création alternatif, répondant à la domination hollywoodienne ou européenne. Moins de films à la pointe de l’innovation mondiale comme à l’âge d’or du Cinéma imparfait, mais une belle diversité dans la cohabitation de plusieurs générations de cinéastes, un public local toujours présent et avec quelques vrais succès ( Fraise et chocolat de Tomas Gutierrez Alea, fer de lance du cinéma révolutionnaire mais aussi et jusqu’au bout, l’un de ses auteurs les plus critiques ) qui brillent dans les festivals étrangers.

La corne d’abondance de Juan Carlos Tabio (2010)

Scénariste surdoué, Juan Carlos Tabio (La bicyclette et l’éléphant…) s’affirme comme réalisateur et devient une figure majeure, tandis que Juan Padron triomphe de avec le film d’animation Vampires à la Havane. Les problèmes de fonctionnement,  les lourdeurs bureaucratiques sont épinglés et l’exil devient une thématique importante depuis la rupture avec l’Union Soviétique et le début d’une grosse récession économique. Vu de l’étranger on entérine donc le schisme entre, d’un côté des films plus « officiels » avec Fernando Perez ou dans la permanence des thèmes liés à l’enfance comme Viva Cuba (et plus seulement produits par l’ICAIC mais surtout avec la télévision cubaine) et de l’autre côté l’avènement d’une génération héritant des productions amateurs (aficionados) des ciné-clubs de la décennie précédente et qui tourne à la volée dans les rues décrépies des films évidemment parfois censurés mais qui parviennent à exister et à dévoiler l’autre réalité cubaine, prompte à rassurer les détracteurs du castrisme de plus en plus nombreux. D’une belle indépendance et très dynamique, la critique cubaine voit plusieurs crises traverser l’ICAIC mais accueille aussi l’émergence de genres marginaux comme le cinéma extrême avec Miguel Coyula (Cucarachas rojas ) ou le paria Jorge Molina (Ferroz) qui comportent leur lot de scènes érotiques, violentes et même parfois gore, qui vont de pair avec certaines coproductions de genre avec l’Espagne. On peut leur préférer les expérimentations très diversifiées mais toujours stimulantes d’un Juan Carlos Cremata Malberti, plus abouties mais aussi plus riches de soutiens et de moyens.

Enfin, le documentaire nous offre quelques pépites qui permettent d’apprécier la diversité et la topographie d’une île finalement trop peu connue, restrictions de circulation obligent ? Ainsi, pour comprendre l’évolution de la société cubaine après l’effondrement économique qui conduit toute une jeunesse à l’exil, il faut voir Le rideau de sucre de Camila Guzman Urzua, documentaire sur l’éducation des pionniers d’autant plus douloureux qu’on a à l’esprit que c’est cette même politique éducative qui leur ouvrit des horizons autrefois inexistants et fit du cinéma cubain le premier cinéma d’Amérique Latine.

De même que le pays et ses habitants attendent toujours notre visite, ce cinéma là, bien vivant, ne demande qu’à être exploré pour dévoiler toutes ses beautés.

 

Molina Ferroz (Jorge Molina, 2010)

Infos & réservation

Début de l’atelier : 19h30

Durée : 1h environ

Limité à 10 places

Réservation conseillée

CONTACT

La Nouvelle Dimension
12 rue Armand Jullié, 48400 Florac
04 66 31 42 61
lanouvelledimension@gmail.com

Association agréée Jeunesse et Education Populaire (n° 48.16.053)

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